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Le jeu de l’écriture
J’écris pour passer le temps, ou plutôt pour être dans l’instant, loin des contingences de la vie courante où les anecdotes pullulent. Il m’importe peu de savoir qui je suis. Je n’éprouve aucun besoin de me dire. Dans le théâtre, l’écriture, la musique et des formes d’art plastique, c’est de la tranquillité que d’être réduit au présent dont je me fais cadeau et que je tente de manière plus ou moins habile à offrir à ceux qui m’environnent. Je ne sais rien de l’excellence. Seule la vie logée dans des souffles voués à disparaître m’amuse. C’est ainsi, que mon écriture, à l’instar de mon théâtre, échappe à la psychologie inlassablement étouffante. La fiction dans ce qu’elle a d’extraordinaire m’a toujours fasciné. Il y a tant d’univers qui nous traversent où l’on peut se loger, se poser, vivre.
C’est ainsi que les ouvrages « Cosmogonies », « Exorcismes », « Le gardien de la tour », « Disparitions » et « Le livre des rituels » ont fait surface. Dans le cinquième ouvrage, je suis présent et je pourrais être le personnage principal. Dans les faits, je ne suis que celui qui raconte l’indicible, à savoir le décès de personnes très chères. Je ne suis, comme dans les quatre autres ouvrages, que le narrateur. Le fait d’exception est que je narre une réalité ultime, exceptionnelle, à laquelle j’ai assisté, la mort de personnes bien-aimées.
Cinq nouveaux ouvrages publiés aux Éditions Le Lys Bleu

Cosmogonies
Nouvelles relevant du fantastique, 2024
« La passion selon Pilate », « La bibliothèque d’Alexandrie », « Arkolestinesta », « Les ruines du temps », « Thésée », « Les cavernes de fer », « Le septième jour »
« La passion selon Pilate »
Ponce Pilate, personnage de passage dans la vie du Christ, une fois promis à la mort, s’interroge sur l’éternité qu’il aura à affronter avant de trouver réponse sur sa vie, face au calvaire.
« Jésus prétend être le roi des juifs !
J’interrogeai le prophète. « Est-ce vrai », lui demandai-je ? Il continua à m’observer en silence. Lorsque mon impatience fut à son comble, il chuchota calmement : « Puisque tu le dis ! » Cette phrase mit un terme à la sympathie stupide qui s’était emparée de moi, comme une conséquence de mon mépris envers Caïphe. Par ailleurs, Jésus était maigre et empli de certitudes. J’aime la bonne chair et les vagabondages de l’âme. Cela nous séparait. »

Exorcismes
Poésie 2024
Face au vacarme du monde, un exorcisme peut-il marquer un échappatoire avant de retourner dans le tumulte qui nous encombre. Trente-trois poèmes font un parcours depuis l’horreur des guerres vers une acquisition de la paix.
Extrait du poème « Les vieilles femmes et la guerre »
Leurs chevilles marbrées s’enfonçaient dans le sable
Eux se tenaient debout bien plantés sur leurs places
Les vieilles et les guerriers se regardaient en face »
Extrait du poème « La lumière et l’instant »
Le passé oublié le futur est absent
Il n’y a plus chez nous que la joie de l’instant
Suspendue dans le cœur bien au loin de la peur »

Le gardien de la tour
Récit, 2025
Depuis le sommet de cette tour qui relie la mer au ciel commence à chuter lent comme une plume un vieillard qui aurait vécu 40 ans dans cette demeure pour y croiser une multitude de genres humains, tels les bâtisseurs, les grimpeurs, les mandarins du doute, les acteurs…

Disparitions
Nouvelles, 2025
« L’arbre écarlate », « Mamie », « Évariste Galois », « Les morts du Golfe », « Zina, Zina », « La conquête de l’ombre », « Sally », « R. en prison », « R. chez le président », « Un dimanche avec R. »
Dans ce recueil de nouvelles, les personnages ne meurent pas, ils disparaissent, laissant derrière eux l’empreinte d’un secret indicible. Est-ce là, l’inéluctable destinée des êtres, qu’ils soient réels ou figés dans une image ?
« La conquête de l’ombre »
« Lumière de mon âme, que sais-tu du désir, toi qui n’as jamais chevauché le désert sous un soleil vertical ? » Roxane répondit « J’ai longtemps rêvé au jeune prince à l’effigie dorée. J’ai inventé en moi sa chair et sa peau, pour donner vie à son regard fixe de médaille. À présent, vous êtes violent et vieux. » La main du sultan descendit vers le ventre de la jeune femme : « Lumière de mon âme, tu ne sais rien de la conquête. »

Le livre des rituels
Récit, 2026
En observant ma mère immobile à jamais, je ne vois pas le néant, mais une plénitude. Pour apprivoiser la finitude, je vois la beauté. Car seule la beauté, comme un clou dans la mémoire, peut nous offrir un secours inespéré face au temps qui s’effondre.
Nous vous invitons à prolonger cette découverte en parcourant l’ensemble de ses textes sur la page dédiée à sa démarche d’écriture.