EXTRAIT

ROSTAM ET SOHRÂB

SOHRÂB.

Moi, par contre, j’ai tué plus d’un guerrier.

Mais demain, je n’aurai qu’un seul adversaire.

Je me suis mesuré à lui. Il rugit comme une bête.

Sa tête, son cou, ses bras sont comme les miens.

Nous avons été bâtis comme des semblables.

Une chose m’étonne. Il me trouble.

Chaque fois que je le vois, mon cœur fond.

L’amour grandit en moi et cela me fait honte.

Un jour ma mère m’a parlé de mon père.

Je pense que cet homme est Rostam.

Cette seule idée me fait trembler.

S’il est Rostam, je ne pourrais pas me battre contre lui.

Je ne saurais le regarder avec insolence, comme un ennemi.

Je devrais abandonner la guerre et mon armée,

Je trahirais le pacte que j’ai établi avec deux rois.

© Farid Paya